Quels sauvages devons-nous être : Des vegans sans moralité

DE NOUVELLES MORALES, UNE MÊME AUTORITÉ

« La moralité c’est des idées de sens commun sur lesquelles nous pouvons tous nous entendre. Nous devons étendre la moralité afin d’inclure les animaux non-humains »

  • Logique qu’on retrouve généralement dans le mouvement vegan.

La plupart des mouvements en faveur d’un changement social massif font de l’ « appel à la moralité », un moyen fondamental pour obtenir du soutien. Par exemple, « la viande est un meurtre » est un slogan courant au sein des mouvements pour la défense des droits des animaux. Ce slogan part du postulat que tout le monde est contre le meurtre puisque, selon la même logique, le meurtre est moralement répréhensible. Or cela suppose qu’il existe une moralité unique et universelle qui oriente les décisions de chacun alors qu’en réalité, certains en ont une interprétation différente, et qu’elle ne guide que ceux qui l’ont initialement adoptée. Par exemple, certains moralistes autoproclamés défendent les violentes manifestations du patriarcat ; d’autres prônent le suprémacisme blanc et de nombreux moralistes encouragent la violence envers les animaux non-humains. Le « sens commun » n’est commun que pour ceux qui font partie d’un groupe précis, qui ressentent le besoin d’universaliser ses principes. Mais le « sens commun » ne s’applique pas aux personnes extérieures au groupe, celles dont les intérêts propres divergent du « bien » commun supposé. Souvent, ce n’est pas le manque de moralité qui pose problème mais l’existence même de la moralité ; l’ensemble de principes et de valeurs indépendantes de la complexité de l’intérêt personnel, qui oriente et justifie les actions de chacun.

L’anthropocentrisme est la croyance selon laquelle les humains sont les êtres les plus importants de l’univers. L’anthropocentrisme interprète ou considère le monde en matière de valeurs et d’expériences humaines. Le terme peut être remplacé par humano-centrisme et certains se réfèrent au concept de suprématisme humain ou de différentialisme humain.

  • Wikipédia (en)

La morale anthropocentrée permet de justifier de nombreux désastres environnementaux et engendrés par la domestication. En représentant une vision du monde qui établit une dichotomie humain/animal, l’anthropocentrisme est renforcé par une société capitaliste-industrielle qui nécessite la mort et la destruction à grande échelle de la vie sauvage pour exister. La « droiture » de la domination humaine apporte la normalisation socio-politique nécessaire pour pacifier tout potentiel d’indignation émotionnelle contre cette violence systématisée. Donc entre la moralité vegan et la moralité anthropocentrée, laquelle est « bonne » ?

Le nihilisme moral est la vision meta-éthique selon laquelle rien n’est moralement bon ou mauvais. Il n’y a pas de caractéristiques morales en ce monde ; rien n’est bon ou mauvais. Par conséquent, aucun jugement moral n’est vrai ; néanmoins, nos jugements moraux sincères tentent, mais échouent toujours, de décrire les caractéristiques morales des choses. Ainsi, nous tombons dans l’erreur lorsque nous pensons en termes moraux. Nous essayons d’établir la vérité lorsque nous commettons des jugements moraux. Mais puisqu’il n’y a pas de vérité morale, toutes nos affirmations morales sont erronées.

  • Wikipedia (en)

La moralité est une construction sociale qui ne représente ni une vérité universelle, ni les intérêts de tout le monde. Alors qu’elle peine également à prendre en compte les circonstances complexes dans lesquelles les décisions basées sur la morale ne sont pas applicables, la moralité limite l’étendue des prises de décision et des actions individuelles. Ainsi, afin d’imposer la moralité à grande échelle, l’obéissance ferme est requise, ce qui nécessite un dispositif d’autant violent et rigide pour la faire respecter.

Obéir à n’importe quelle sorte de moralité implique de renoncer à l’expérience individuelle et aux motivations personnelles. De plus, cela nécessite de ne pas tenir compte de l’examen pragmatique des conséquences qu’une décision basée sur la moralité peut avoir. Au sein de la société, la morale est socialement imposée pour conserver un système de croyance normalisé. Ce système dissuade la pensée individualiste et la remise en question non seulement de ce système, mais aussi des fondements de l’autorité en général. Le principal moyen d’arriver à cette dissuasion est de faire passer une croyance donnée pour du « sens commun » ou une normalité que « tout le monde » connaît ou adopte. Cela favorise immédiatement le « groupe » au détriment de l’ « individu ». Par intérêt personnel, on peut refuser d’obéir sans se poser de questions, c’est pourquoi la pensée collective est socialement favorisée pour dissuader la responsabilité individuelle, la créativité et la réflexion personnelle. Parmi les exemples d’hostilité socialement généralisée à l’égard de l’individualisme, citons le fait de considérer ceux qui affirment leur individualité comme étant « égoïstes » ou « égocentriques » et donc indésirables.

Un mouvement qui rend le véganisme moral établit un autre système social qui imposerait de nouvelles lois et normes basées sur la morale. Non seulement cela nécessiterait un dispositif (ironiquement) violent pour les faire respecter, mais cela ne garantirait pas un capitalisme plus « pacifique », plus « charitable ». Tant qu’il y aura des systèmes de gouvernement, (y compris l’antinomique « capitalisme charitable »), il y aura des rebelles. Tant qu’il y aura des lois, il y aura de la corruption au sein même du dispositif qui les fait respecter. En tant que projet social historique et contemporain visant à établir la paix et la compassion à grande échelle, le moralisme a échoué.

AU DELÀ DE LA MORALITÉ : AUCUN GOUVERNEMENT NE PEUT NOUS GARANTIR LA LIBERTÉ

L’anarchie est l’absence de gouvernement et la liberté absolue de l’individualité.

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Les mêmes mécanismes de coercition qui renforcent la moralité (la religion, l’état, etc.) sont ennemis de la liberté. Bien qu’il soit possible d’affirmer que ces institutions puissent libérer les animaux non-humains en renforçant la moralité vegan, ces mêmes institutions exigent de se soumettre individuellement au « bien » commun. Mais ce qu’ils considèrent comme « bon » ne l’est pas forcément pour moi ; leur opinion primerait la mienne, dominée par sa prétendue « vérité universelle ». C’est la même logique de contrôle et de domination qui est utilisée par ceux qui dominent et consomment des animaux non-humains. Guidés par les valeurs du suprématisme humain, cela leur confère le sentiment d’une autorité irrécusable ; Le même dispositif qui impose la moralité tient cette position « incontestable ». Mais en tant qu’individu, je ne le remets pas seulement en question, je le rejette dans son ensemble.

Mon individualisme est motivé par l’intérêt personnel et par une prise de décision éclairée. Mon refus de céder mon esprit au « bien collectif » consistant à consommer de la chair et des secrétions d’animaux non-humains reflète ma propre rébellion. Inspiré par d’autres individus vegans, j’ai réalisé la force de penser de manière indépendante, égoïste et égotique – contre la société de masse dont les traditions et les valeurs normalisées s’opposent à mes intérêts.

En tant qu’individualiste, être vegan est utile pour étendre l’autonomie individuelle aux animaux non-humains. Mon refus de perpétuer socialement leur statut de marchandise leur donne le droit naturel d’exister comme leur propre Moi autonome, de la même manière que j’attends d’être respecté par les autres. Je refuse de participer individuellement à la normalisation massive de leur domination. L’anarchie, selon moi, signifie de refuser toute loi, tout ordre, et tout système. Cette anarchie ne s’oppose pas seulement à la moralité vegan et anthropocentrée mais à toute moralité : la moralité étant la forme abstraite d’autorité qui tente de soumettre mon individualité. Mon véganisme n’a pas besoin d’être imposé ou guidé par une autorité extérieure. C’est un choix individuel qui reflète la cohérence et la pratique de vivre ma vie contre l’autorité.

Pour que le véganisme soit cohérent avec la libération animale, il doit être anti-autoritaire. Dès lors, la totalité de la civilisation capitaliste et industrielle doit être remise en cause. Être vegan et pro-capitaliste est paradoxal puisque le bon fonctionnement du capitalisme nécessite une exploitation à grande échelle des ressources naturelles, détruisant et réduisant à néant par conséquent des écosystèmes entiers. Le capitalisme nécessite l’expansion de l’industrialisation technologique pour répondre aux exigences de la société de masse. La société de masse exige un déplacement sans cesse croissant de la faune et de la flore pour abriter une population humaine en augmentation constante. La civilisation trouve ses racines dans l’agriculture qui se base sur le principe basique de prendre à la terre plus que ce qu’on lui donne. Cela entraîne des dommages irréversibles à tous les écosystèmes et nuit directement aux animaux non-humains.

Être vegan et pro-étatique est contradictoire, puisque le véganisme aspire à la libération des animaux, alors que l’État est l’antithèse de la libération – s’appuyant sur des lois qui utilisent la force physique pour forcer tous les êtres à se conformer. Le dénominateur commun entre l’État et la moralité vegan est qu’ils tiennent tous les deux la position de « vérités universelles » supérieures à l’individu. Les deux contraignent ; l’un mentalement et l’autre physiquement. Les deux complètent les intentions de l’autre de conditionner « les masses », et les deux incitent à mépriser l’égoïsme, la créativité et la responsabilité individuelle.

Si la libération des animaux repose sur la liberté, il est contradictoire de donner à un organisme gouvernemental le pouvoir de faire appliquer des lois basées sur la morale à des individus. Cela renforce le spécisme par la séparation des êtres humains et des animaux ; puisque les humains sont en fait des animaux, et que le véganisme aspire à la libération de ceux-ci, pourquoi les animaux « humains » ne se libéreraient-ils pas eux aussi des mêmes chaînes du spécisme et de l’autorité ? Le spécisme est renforcé par le suprémacisme humain, et puisque le suprématisme humain doit être détruit socialement, la libération animale s’applique à tout le monde. De ce point de vue, il n’y a pas besoin d’un gouvernement pour accorder des droits : le droit à l’autonomie physique et à l’égalité vient avec la destruction de l’autorité – celle de la moralité et de l’étatisme.

Ce n’est pas une moralité qui détermine mes actes, mais plutôt un désir individuel de faire la guerre à tous les systèmes, moraux ou non, qui tentent de me soumettre et de détruire la terre dont j’ai besoin pour survivre. Ma décision de devenir vegan n’a ni émané d’une moralité vegan ni d’une nouvelle loi m’interdisant de consommer de la chair et des sécrétions. Elle a émané d’une libre pensée incontrôlée qui m’a permis de voir la société de manière critique, en découvrant des façons pragmatiques de concrétiser mon propre projet de libération. Ma praxis anarchiste vegan est une affinité partagée avec les non-humains qui luttent contre les contraintes et les instruments de torture générés de la technologie moderne, des abattoirs et de l’enfer causé par l’humain de la société industrielle. Il n’y a ni Dieu, ni gouvernement, ni moralité pour nous sauver. Seulement nos individualités, les décisions que nous prenons et les actions que nous faisons.

ARMER LA VOLONTÉ DE SURVIVRE PAR L’ATTAQUE

Sauvage : (se dit d’un animal ou d’une force de la nature) féroce, violent, et incontrôlable.

  • Wikipedia

L’un des principes moraux fréquents est l’attachement à la non-violence. En tant qu’individualiste, j’estime que la violence est utile dans certaines circonstances, et inutile dans d’autres. Mais c’est cette libre utilisation de la violence que la non-violence morale réprime. Lorsqu’il s’agit de libération animale (ou du point de vue étatiste, des droits des animaux), le véganisme est souvent présenté comme un mouvement « sans cruauté », « sans souffrance » ou « non-violent ». Cela n’occulte pas seulement les exemples historiques de libérations animales qui aboutirent grâce à la violence, cela limite également les possibilités d’actions stratégiques. Le renforcement d’une morale non-violente décourage le recours à la violence à l’encontre des institutions et des acteurs de la domination spéciste. Le suprémacisme humain utilise la violence à chaque occasion pour conserver son contrôle. Limiter l’arsenal de résistance à une simple défense plutôt que d’avoir recours à l’attaque revient à limiter stratégiquement l’étendue des possibilités et le potentiel de faire avancer la libération animale. Lorsque la libération animale est confinée à l’arène légale de l’étatisme, le potentiel d’insurrection individuelle a été abandonné.

Dans la société de masse, le spécisme ne se réduit pas seulement aux supermarchés, il est aussi ancré dans les traditions sociales et culturelles renforcées par la participation individuelle. Les individus perpétuent donc socialement la normalisation de l’abus, du contrôle et de la domination envers les animaux non-humains. Et bien que certaines de ces personnes puissent s’émanciper de la mentalité spéciste de l’anthropocentrisme, d’autres peuvent y adhérer et la défendre. La violence devient ainsi une tâche nécessaire effectuée par ces individus qui refusent de soutenir et de permettre la reproduction sociale de la moralité et de la pratique anthropocentrée.

J’ai de l’affinité avec ceux d’entre les sauvages qui luttent contre les rouages de la société industrielle et ceux qui se battent pour défendre les écosystèmes dans lesquels ils survivent. Pour combattre violemment le spécisme il est nécessaire d’inclure une lutte anti-autoritaire contre l’idéologie et les institutions du capitalisme, de l’État, et de la moralité anthropocentrée. Au delà des simples réformes législatives, la libération des animaux implique, de ce point de vue, de détruire toutes les cages et dispositifs qui retiennent prisonniers les animaux non-humains. Parallèlement à cela, une guerre menée à l’encontre des forces de captivité et d’asservissement des animaux « humains » ouvre des possibilités d’exploration au-delà du complexe de supériorité – le rôle et l’identité « humaine » considérés comme distincts de l’animal et du monde sauvage.

Par des ruptures spontanées de l’ordre civilisé, la sauvagerie vegan affirme sa résistance en attaquant les fondements qui produisent l’asservissement. Du refus de participer à l’insurrection, l’anarchie est la personnification de tout individu ayant le courage de se déchaîner contre la subordination de la domestication.

Mais la sauvagerie vegan signifie bien plus qu’un véganisme violent : elle est la célébration de la vie contre les lois de la moralité, de la civilisation, du contrôle et de la domination. Elle est le refus de faire sienne la vision capitaliste-industrielle des autres comme de simples objets à exploiter, à consommer ou à asservir. Cela permet aux individus de se définir par eux-mêmes en tant qu’êtres autonomes, armés du potentiel d’attaquer ceux qui tentent de les soumettre.

En tant qu’anarchiste vegan, mon combat pour la liberté est parallèle aux luttes menées par la nature depuis l’avènement de la société industrielle et de la domestication civilisée. Quels sauvages devons-nous être – lutter pour la liberté à chaque souffle, nous réapproprier nos vies grâce à chaque acte de violence contre les rouages du contrôle social et de la domination ! Pendant que les mouvements se basant sur la moralité continuent d’ignorer la réalité vitale de la nécessité de la violence amorale, certains d’entre nous continuent de mener une guerre contre le spécisme avec rien d’autre qu’un feu de liberté brûlant dans nos cœurs. En solidarité avec la nature, et en défense du terrain écologique où je vis, ma lutte est féroce et ingouvernable. Pour un véganisme amoral, pour l’effondrement industriel et la libération totale !

  • FLOWER BOMB

[Texte publié en janvier 2019 sur theanarchistlibrary.org et traduit de l’anglais]

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Au-delà du « mouvement » – anarchie !

« Le monde est une église nauséabonde d’avidité et de sournoiserie, où chacun a une idole à adorer d’une manière fétichiste, et un autel sur lequel se sacrifier. »
– Renzo Novatore

Un milieu d’anarchistes devrait être, vous en conviendrez, un projet collectif d’accomplissements individuels et de liberté, d’entraide et de solidarité, de communication honnête et de responsabilité individuelle, d’attaques violentes contre les institutions, les dirigeants et les structures de la domination et de l’aliénation, contre la programmation mentale et les comportements inconscients, contre la reproduction de la société autoritaire dans nos relations, pensées et actions.

Mais alors qu’est-ce que cette pagaille, faite de hiérarchies informelles, de rackets idéologiques, de misérables cliques, de ghettos identitaires, d’aspirants chefs, de tromperies et de coups de poignards dans le dos que nous avons sous les yeux si l’on examine de près ce qui s’auto-définit comme le « milieu anarchiste », a affaire avec cela ? Pas grand chose mis à part peut-être dans le discours ou de façon approximative. À l’évidence le milieu en général est plus intéressé à protéger des forteresses idéologiques, à recruter des suiveurs, à préserver le confort suffocant de leurs scènes, et par dessus tout, à mener leurs loisirs inoffensifs, que par l’anarchie.

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Je ne veux pas m’adapter

Les psys sont des professionnels qui gagnent de l’argent pour nous faire accepter les contraintes de la société.

Le psychiatre m’a «diagnostiqué» et m’a «administré» des médicaments pour soigner ma «pathologie mentale». En fait, il m’a collé une étiquette psychiatrique pour s’attribuer le pouvoir de gérer mon inadaptation, m’a filé des médocs pour contrôler chimiquement mes émotions, et lorsqu’il a estimé que je n’étais pas réinsérable ou que je risquais de troubler l’ordre public, il m’a tenue enfermée à l’HP en me faisant subir humiliations et tortures.

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La révolte se poursuit… jusqu’à la libération totale !

Nous combattons pour la libération de l’individu.
Pour conquérir la vie.
Pour le Triomphe de nos idées.
Pour la réalisation de nos rêves.
Et si nos idées sont dangereuses, c’est parce que nous sommes de ceux qui aiment vivre dangereusement.
Et si nos rêves sont insensés, c’est parce que nous sommes fous.
Mais la folie est notre suprême sagesse. [1]

Elle était de nouveau là, la jeunesse avide, détruisant tout, érigeant des barricades, affrontant la police, rien ne pouvait l’arrêter…. Dans leurs cœurs, il y a du feu et de la passion, de l’amour et de la haine enfouis en eux, du courage et de la détermination. La beauté du chaos est revenue embellir les rues. Il n’y a pas seulement le feu qui orne l’asphalte, il y a également l’énergie de la jeunesse, l’abolition des sexes, tout le monde dans la lutte… Cette lutte portera-t-elle ses fruits ? Vouloir étudier juste pour être quelqu’un dans la vie ? L’individu qui part à la recherche du vrai bonheur, ne s’arrête pas en si bon chemin, il sait qu’il peut s’instruire par lui-même, et bien que ce chemin soit plus long, cela ne le rend pas moins intéressant, puisque tout le reste est interminable…

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La normalité quotidienne comme source de dépression

On dit que la dépression est la maladie du siècle. Les livres de psychologie font non seulement la liste des symptômes, mais aussi des phénomènes observés : changements d’humeur et des habitudes de sommeil, tristesse qui s’installe, souffrance, vide, découragement, perte de confiance en soi, sentiments d’impuissance… Nous ressentons en notre for intérieur un malaise permanent et des sentiments de faiblesse quant au fait d’y remédier.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que que la dépression soit la maladie de ce siècle. S’il est vrai que l’individu est soumis à des contraintes qui lui sont imposées depuis que l’État et ses institutions existent, il est à mon avis tout aussi vrai que le progrès de l’existant a accru la difficulté de s’y opposer ou le sentiment de cette impossibilité.

En plus de la subordination, de la routine, du travail, des hiérarchies sociales et de l’aliénation de l’humain, de l’économie et de la morale, réduisant dès le départ l’individu à néant, il existe aujourd’hui aussi un appareil technologique et scientifique qui nous prive des derniers restes de courage pour désirer avec ardeur quelque chose d’autre. L’aliénation objective de l’individu, vis-à-vis de ses relations, de son énergie et de son temps, a été accompagnée par l’aliénation de ses émotions et de sa faculté d’action. On est dans la merde et on ne peut rien faire pour changer cela, peu importe que ce soit réel ou fictif, puisque l’évolution d’un jour à l’autre ne correspond en rien aux besoins réels et immédiats.

« Vivre » ne se résume presque plus qu’aux devoirs et aux rôles que nous remplissons, et c’est la raison pour laquelle nous nous sentons condamnés à les reproduire.

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Sur l’attaque sauvage et la moralisation de la violence

Les anarchistes ont toujours été parmi les ennemies les plus radicaux et les plus intransigeantes du système. Nous avons, de ce fait, toujours été parmi les plus disposés à user de tactiques offensives telles que le recours à la violence. Cependant, le débat concernant la violence dans les milieux anarchistes est un débat complexe et clivant, et est souvent enlisé dans la morale civilisée (et particulièrement à gauche).

Dès le début du mouvement au 19ème siècle, la grande majorité des anarchistes se sont accordés sur la nécessité de la violence en tant qu’outil de lutte contre le système. En pratique, toutefois, le réel recours à la violence des anarchistes a suscité de profonds désaccords entre les anarchistes.

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Rencontre Internationale de Libération Animale

Rome(Italie), du 26 au 28 Juillet 2019

www.animalgathering2019.noblogs.org

Une occasion de se rencontrer, de partager des analyses et des
compétences et de discuter d’expériences et de stratégies dans la lutte
contre l’oppression des animaux et la destruction de leurs habitats. Une
lutte qui, pour nous, s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte
contre toute forme d’exploitation, d’oppression et d’autorité, pour une
libération totale.

Ce rassemblement a pour but de mettre en contact des individu.e.s et des
petits groupes de personnes partageant les mêmes idées et travaillant
pour la libération des animaux d’une manière radicalement différente de
celle que la majorité des groupes de défense des droits des animaux ont
adoptée de nos jours. Les groupes de défense des animaux qui n’ont pas
de politique plus large, que ce soit pour l’apathie politique ou pour
des choix bien pensés, sont de plus en plus attirants pour les personnes
ayant des opinions fascistes, nationalistes, sexistes et racistes.

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Individualisme anarchiste et féminisme à la « Belle Époque »

Les liens entre le mouvement anarchiste et le mouvement féministe sont loin d’avoir été toujours très clairs. Tout commence, mal, avec Proudhon et son fameux « ménagère ou courtisane ». Puis, avant la Première Guerre, alors que le mouvement féministe prend de l’ampleur, les anarchistes critiquent et rejettent les revendications concernant le droit de vote ou l’accès à des professions libérales pour les femmes. La liberté n’est pas quelque chose que l’on doit recevoir, il s’agit de la prendre.

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Anarchisme anti-gauche : chasser le gauchisme dans l’intention de le détruire

En partant de l’évidence de l’économie, la critique marxiste décrypte peut-être le fonctionnement du système de l’économie politique, mais en même temps, il le reproduit comme un modèle. Il n’y a pas de mode de production, ni de production dans les sociétés primitives. Il n’y a pas de dialectique ni d’inconscient dans les sociétés primitives.
Le marxisme est la projection de la lutte des classes et du mode de production sur toute l’Histoire; il est la vision d’une « liberté » future basée sur la domination consciente de la nature. Ce sont-là des extrapolations de l’économie. Dans la mesure où elle n’est pas radical, la critique marxiste est vouée malgré elle à reproduire les racines du système de l’économie politique.

Le miroir de la production

Le gauchisme n’est pas seulement mortel de par sa monotonie, il est littéralement mortel dans sa pratique et sa mise en œuvre. Au XXème siècle, l’Union Soviétique a massacré près de vingt à quarante millions de personnes lors de la création de son empire communiste (certaines estimations dépassent les cinquante millions, mais sont difficilement vérifiables car lorsque les personnes étaient envoyées dans les camps, les soviétiques effaçaient souvent toutes traces de leur existence) ; le « Grand Bond en avant » de Mao Tsé-Toung en Chine (largement reconnu comme la plus grande catastrophe causée dans la tentative de construire une économie centralisée) aurait fait environ quarante millions de morts ; et les Khmers rouges cambodgiens ont massacré deux millions de personnes (un quart de la population cambodgienne) dans les Champs de la Mort – au nom d’une « forme égalitaire du communisme ». Les régimes communistes du siècle dernier ont tous eu une évolution incontrôlée et leurs utopies scientifiquement conçues ont toutes finies sous la forme de camps de la mort. En substance, le communisme n’est qu’une autre forme de gestion (particulièrement violente) de la civilisation – à l’instar du féodalisme – et est dévoué à un modèle social industriel basé sur la production avec une ferveur encore plus religieuse que le capitalisme.

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L’avenir est une arnaque (Réflexion autour du non-désir d’enfant)

Avant-propos
Ce texte est le fruit d’une réflexion et n’a pas pour vocation d’être exhaustif. Nous avons conscience que le sujet abordé est sensible et que ce texte suscitera probablement de vives réactions. Cependant, nous pensons qu’il est important d’en parler étant donné l’hégémonie de la pensée nataliste et les conséquences qu’elle entraîne. Notre réflexion part d’une pensée anarchiste et donc d’une volonté d’en finir avec un monde autoritaire, industrialisé, spéciste, etc.

Au moment où nous écrivons ces lignes, la Terre compte près de 7,7 milliards d’êtres humains. Au Moyen-Âge il y en avait moins de 500 millions. Durant le XIXe siècle, ce chiffre a dépassé le milliard. La barre des deux milliards a été franchie dans les années 1920, celle des trois milliards juste avant les années 60. Aux alentours de 1975 il y avait plus de quatre milliards d’individus humains. Entre 1985 et 1990, cinq milliards d’être humains foulaient le sol de la Terre. Avant les années 2000 le cap des six milliards était franchi et enfin nous avons dépassé les sept milliards durant la première moitié des années 2010. Pour quiconque n’est pas joyeux à l’idée de voir ce chiffre augmenter encore, l’avenir s’annonce bien sombre. Les estimations les plus basses voient une augmentation jusqu’en 2080 alors que les plus hautes prévoient une augmentation constante au moins jusqu’en 2100. Les prévisions ne vont pour le moment pas au-delà de cette date. Pour nous, comme nous allons le voir par la suite, l’être humain est en surpopulation et celle-ci a des conséquences indéniables, à la fois environnementales, et sur l’ensemble des animaux, nous compris. Si cette croissance est effectivement globalement en baisse, elle reste une croissance, et à ce titre, nous est problématique. À une époque où il y avait environ sept fois moins d’individus humains, un certain nombre d’anarchistes se posaient déjà les questions que nous nous posons aujourd’hui.

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