La révolte se poursuit… jusqu’à la libération totale !

Nous combattons pour la libération de l’individu.
Pour conquérir la vie.
Pour le Triomphe de nos idées.
Pour la réalisation de nos rêves.
Et si nos idées sont dangereuses, c’est parce que nous sommes de ceux qui aiment vivre dangereusement.
Et si nos rêves sont insensés, c’est parce que nous sommes fous.
Mais la folie est notre suprême sagesse. [1]

Elle était de nouveau là, la jeunesse avide, détruisant tout, érigeant des barricades, affrontant la police, rien ne pouvait l’arrêter…. Dans leurs cœurs, il y a du feu et de la passion, de l’amour et de la haine enfouis en eux, du courage et de la détermination. La beauté du chaos est revenue embellir les rues. Il n’y a pas seulement le feu qui orne l’asphalte, il y a également l’énergie de la jeunesse, l’abolition des sexes, tout le monde dans la lutte… Cette lutte portera-t-elle ses fruits ? Vouloir étudier juste pour être quelqu’un dans la vie ? L’individu qui part à la recherche du vrai bonheur, ne s’arrête pas en si bon chemin, il sait qu’il peut s’instruire par lui-même, et bien que ce chemin soit plus long, cela ne le rend pas moins intéressant, puisque tout le reste est interminable…

Raser l’école est possible aujourd’hui, comme ce fut le cas au Colegio Guillermo Cruz d’Estación Central, au Colegio Gabriel González Videla qui a mis à l’abri les élèves du Liceo Insuco 2 du tremblement de terre, et à l’école polytechnique d’Arica ; ces lieux enflammés intentionnellement par ces beaux pajarillas qui comprennent que cette destruction est un grand pas vers la conquête de la vie…

Le voyage est intense et difficile, il l’a toujours été, lorsque des individus lassés par leurs conditions misérables s’organisent et attaquent. On ne peut pas avoir peur de celleux qui s’organisent uniquement dans un but précis même si c’est seulement pour détruire, car nous savons maintenant que pour construire, nous devons détruire… Et toutes les prétendues réflexions que ces petits politiciens ont quand ils parlent du problème de l’éducation, ne changent rien pour personne, parce que le mécontentement augmente et progresse, même si les bureaucrates et les hommes d’affaires finissent presque toujours par gagner. Et ils croient que réprimer la passion est simple, qu’avec un peu de gaz lacrymogène et un peu d’eau ils l’éteindront, comme n’importe quelle autre flamme, il faut donc rappeler à ces idiots qu’ils ont tort, encore et encore. La nuit illumine toujours nos pas, tout comme l’amour libre nous permet un bonheur illimité. Nous retrouver avec le silence magnifique de l’obscurité, ou au pied des premières lueurs du soleil levant ; (lueurs qui ne caressent pas ces tristes travailleurs bavant aux vitres des bus et des métros), rencontrer la chaleur d’une barricade, c’est magique, comme quelque chose de suprême, à moins que Dieu seul puisse être suprême ? Nous brûlons les églises avec leurs prêtres pédophiles à l’intérieur, nous regardons ces lâches agresseurs en face pour leur cracher à la gueule… Un autre jour vient, mais il est parmi les plus beaux, car nous mêlerons le soleil qui nous caresse de sa chaleur avec un feu émancipateur plein de joie et d’espoir…

Voici encore les barricades, avec ces formes sensuelles, nous sommes attirés par le feu, qui un jour a atteint un entrepôt La Polar rempli de sales marchandises. Mais les gentils sont venus, les pompiers, ces êtres les plus méprisables, ces infâmes voyeurs, qui se plaignent d’avoir été caillassés lorsqu’ils éteignaient le feu. Cependant nous nous rappelons de la fois où ils ont donné leurs échelles à la police pour expulser les gens d’Andha Chile qui occupaient un pont du Mapocho pour une vie décente ; ce sont des lâches toujours au service de l’autorité.

L’individu qui tend vers le plus grand bonheur possible ne trébuchera jamais, son parcours est unique et sans égal, rien ne peut l’arrêter, ni les flics en rouge qui le frappent avec leurs bâtons, ni la moralité qui impose ses limites, ni les infiltrés de la police qui salissent son parcours, ni le vacarme de leurs sirènes pour le faire taire…

« Chassons complètement les mauvaises habitudes, comme des hommes méchants qui nous ont fait beaucoup de mal pendant longtemps » [2], qui ont imposé leurs normes, leur morale, leur discipline, leurs dieux et leurs doctrines stupides, nous oublions sans cesse la société et sa domination, et nous lançons nus dans une rencontre avec nos êtres intérieurs.

Il est aujourd’hui temps de tuer les flics qui sont dans nos têtes, et ceci est, pour sûr, une lutte difficile. Il est beaucoup plus facile de jeter une pierre sur un camion blindé et croire que, par cet acte, la liberté suit de près. Il est bien plus facile de passer des heures et des heures à parler de révolution et d’organisation. Il est bien plus facile de croire que fréquenter une université gratuite changera le monde. Étudiants, ne vous leurrez pas, rappelez-vous que ceux qui contrôlent le monde sont également allés à l’université, et à leur grand déshonneur, certains ont étudié gratuitement. Et que sont-ils devenus ? Des êtres impitoyables capables de torture dans leurs prisons et de meurtre pour quelques centimes, et que dites-vous désormais ? Que vous serez différents ? Cela reste à voir…

La liberté est une force vitale et absolue, elle doit être ce qui nous unit, quelles que soient les autres exigences qui s’estompent avec le temps, mais si nous parvenons à comprendre la vitalité de la conquête de la vie de l’individu, aucune loi ne pourra l’arrêter, aucune peur ne la paralysera, aucune chaîne ne la bridera, aucun dieu ne la punira alors qu’elle progresse résolument vers l’émancipation totale ! Il y a ceux qui croient encore en la révolution, et à ceux-là, nous disons que la nôtre a commencé il y a longtemps, à ce moment-là nous avons décidé de cesser d’être des moutons et nous sommes devenus des anarchistes individualistes et nihilistes.

Nous n’avons donc pas peur de leur dire qu’aujourd’hui, la révolution sociale est impossible, parce que cette société est dans son essence même pourrie, en conséquence de quoi l’individu a été progressivement doté de valeurs et d’un moralisme qui l’anéantit complètement… Comment ? Un peu de fouet et de sa punition, d’éducation militarisée, d’opus dei du catholicisme surnuméraire, et de tradition démocratique chrétienne bourgeoise, etc… En gros, du système. Et le pire, c’est que ces gens sont fiers d’être des humains et non des animaux, et comme si cela ne suffisait pas, ils asservissent et exploitent indifféremment les animaux pour prolonger leur misérable vie. Ainsi, nous méprisons l’humanité, simplement parce que leurs comportements soumis et aliénés qui font d’eux des esclaves modernes, ne sont pas en nous.

Dans ce monde malade, « se sentir vivre, c’est vibrer, tressaillir, frissonner aux parfums des fleurs, aux chants des oiseaux, aux bruits des vagues, aux hurlements du vent, au silence de la solitude » [3], se sentir vivre, c’est trembler à la chaleur du feu, à la caresse du chaos, aux nuits de révolte…

Nous solitaires, ne sommes pas les chantres du sein où gisent les morts, mais auditeurs, auditeurs de ces voix qui hurlent sous la terre [4], de ceux qui sont morts avec les armes à la main et d’immenses étoiles dorées dans les yeux, de ceux qui sont immortels comme El Punky Mauri, comme Claudia Lopez, qui une nuit ont fait si gracieusement face à la mort. Oui, car ceux d’entre nous qui choisissent de vivre une intense et dangereuse vie, la mort les reçoit les bras ouverts, les caresse et les embrasse… Pourquoi ne craignons-nous pas la mort ? Car nous pensons que « La mort n’est rien pour nous, puisqu’il n’y a de bien et de mal que dans la sensation et la mort est absence de sensation. […] la mort, n’est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n’est pas là et lorsque la mort est là nous n’existons pas. » [5]

« Le sage, au contraire, ne fait pas fi de la vie et il n’a pas peur non plus de ne plus vivre : car la vie ne lui est pas à charge, et il n’estime pas non plus qu’il y ait le moindre mal à ne plus vivre ». [6] C’est vrai, nous voulons tout, nous rêvons d’immenses banquets et évitons d’être au pain sec et à l’eau, nous voulons de grandes orgies et rejetons la monogamie. Nous croyons à l’amour libre car nous savons que « la jalousie, l’accaparement corporel, l’exclusivisme amoureux, la fidélité conjugale » éliminent une partie de soi, appauvrissent la personnalité sentimentale, resserrent entre autre les horizons analytiques (?). De plus « en amour, comme dans tous les autres domaines, c’est l’abondance qui annihile la jalousie et l’envie ». [7] Nous voulons courir avec les animaux dans les champs et les forêts, nous voulons nous baigner nus à la plage, dans les rivières et les lacs et ne pas finir au commissariat pour outrage public à la pudeur. « Revendiquer la faculté de vivre nu, de se mettre nu, de déambuler nu, de s’associer entre nudistes, sans avoir d’autre souci, en découvrant son corps, que celui des possibilités de résistance à la température, c’est affirmer son droit à l’entière disposition de son individualité corporelle… ». [8]

S’il y en a qui dénigrent notre belle solitude, nous leur proposons la libre-association, au lieu d’une société (société = association forcée). Nous sommes égoïstes, mais notre égoïsme est généreux. Qu’est ce que cela signifie ? Que nous pouvons donner à, et nous préoccupons de, quelqu’un que nous considérons comme notre ami, seulement parce que c’est une émotion choisie, ce qui n’est pas le cas avec les camarades, parce que la plupart du temps tu ne les choisis pas, tu ne fais que les rencontrer dans certains conflits globaux ou particuliers et de ce fait, tu ne peux rien attendre d’eux.

La société chilienne est prise de convulsions, elle sait qu’il y a un conflit et elle ne sait pas comment il finira, il y a des étudiants blessés, deux morts et quelques uns sont en prison, d’autres font la grève de la faim. La tension monte, elle est visible dans les rues à chaque fois qu’il y a une journée d’action et de manifestation. Les confrontations entre les pacifistes et les manifestants violents ne cessent d’augmenter, à tel point qu’ils ont frappé et arraché les masques de certains encagoulés. Attention, citoyens, la guerre civile ne nous fait pas peur… La violence libératrice est le seul moyen de mettre fin aux souffrances quotidiennes de l’individu et aux tragédies cruelles qui frappent les humains et les animaux de cette terre.

La violence n’est justifiable que lorsqu’il est nécessaire de se défendre soi, ou si tu veux, les autres, de la violence. Les opprimés et les pauvres étant constamment en état de légitime défense, leur violence contre leurs exploiteurs et oppresseurs est alors toujours justifiée. De plus, pour que les deux vivent en paix, ils doivent tous les deux le désirer ; si l’un persiste à vouloir forcer l’autre (par la faim) à travailler, étudier, ou à suivre ses lois, les opprimés, s’ils veulent préserver leur dignité en tant qu’individus et ne pas être réduits à l’esclavage le plus abject – malgré tout l’amour qu’ils ont pour la paix et l’harmonie – n’auront d’autres choix que de résister par la force avec des moyens adaptés aux circonstances…

Tout réel changement sera nécessairement violent, même si la violence en elle-même peut être nocive. Il doit être violent car il serait absurde d’espérer que les privilégiés reconnaissent la souffrance et l’injustice qu’ils causent et décident d’y renoncer volontairement. Il doit être violent car la violence révolutionnaire temporaire est le seul moyen de mettre fin à la plus grande et perpétuelle violence qui ait asservi l’immense majorité des humains et des animaux…

Nous voulons aujourd’hui exposer le point de vue anarchiste individualiste et nihiliste de ce conflit, ainsi que réanimer les idées capturées sur papier que certaines personnes ont rendues marginales. Notre intention ne sera jamais de parler en tant qu’autorités ou de diriger un troupeau.

Nous sommes la négation de la négation, nous sommes le cauchemar de ceux qui aspirent à l’hégémonie sur l’anarchisme ou qui perpétuent le vieux concept pourri de guerre des classes. Nous sommes clairs sur ce que nous désirons et croyons, nous nous fichons de faire bonne impression aux gens, pour nous la guerre des classes est morte. Les pauvres volent aux pauvres. Dans les rues, c’est le prolétariat qui réprime le prolétaire insurgé, ce sont les esclaves modernes qui chaque jour ajoutent un maillon à leurs chaînes, qui se soumettent au consumérisme.

Que feraient les gens si nous fermions tous leurs fast food ?
Que feraient les gens si nous foutions le feu à tous leurs magasins ?
Que feraient les étudiants si nous détruisions leurs écoles et universités ?
Que ferait la société s’ils détruisaient leurs bien-aimés antennes-relais ?
Pour résumer, que feraient les prolétaires si nous leurs rendions leur vie ? Nous pensons qu’ils partiraient à notre recherche jusqu’à ce qu’ils nous trouvent et nous tuent, mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que nous sommes déjà morts, et malheureusement, les morts ne peuvent être tués.

La révolte est là, nous devons participer davantage, notre généreux égoïsme doit contribuer, pour l’instant, à la lutte, pour nous réunir et nous organiser pour des buts spécifiques tels que la destruction, la joie, la camaraderie amoureuse, les confrontations au chaos, avançant vers l’aube (ou l’éveil) du néant créateur, puis retournant dans nos planques, pour se réjouir et danser avec les oiseaux, se nourrir de l’énergie des arbres, sentir la brise océane, entendre la charmante mélodie du vent…

Nous l’avons déjà dit, et nous le répéterons : Notre révolution a déjà commencé, nous la faisons au jour-le-jour, en pratiquant l’amour libre, en nous déclarant contre tout dieu et religion, en déconstruisant le langage dominant qui nous est imposé, en nous opposant ouvertement à toute société, nous la faisons lorsque nous cessons d’être des hommes et des femmes et devenons des êtres humains uniques.

Ils se plaignent, à raison, que les anarchistes individualistes et nihilistes n’ont pas de programme ou n’offrent de projet pseudo-révolutionnaire, ni ne sont intéressés à s’intégrer dans quelque société que ce soit. Pour le dire autrement : parmi la myriade de passe-temps, les nôtres sont la recherche d’une satisfaction totale, la joie infinie, le plaisir, le bonheur éternel, la révolution individuelle ici et maintenant. Après tout, nous leur dirons : seul le temps dira qui atteindra ses buts…

C’est l’heure de la tragédie sociale !
Nous détruirons en riant.
Nous incendierons en riant.
Nous tuerons en riant.
Nous exproprierons en riant.
Et la société s’écroulera.
La patrie s’écroulera.
La famille s’écroulera
Tout s’écroulera, parce que l’Homme libre est né.
[…]
Il est arrivé le temps de noyer l’ennemi dans le sang…
Pour une Union Internationale des Égoïstes. A l’aube, la nuit s’écroulera ! [9]

      • Cellule individualiste des oiseaux de feu

Bibliographie :

[1] et [9]. Renzo Novatore. Vers le néant créateur.

[2], [5], et [6]. Epicure. Divers textes.

[3] E. Armand. Se sentir vivre

[4] NdT: Le texte original renvoie à Vers le néant créateur de Renzo Novatore, mais aucune phrase dans le texte en anglais ne correspond à cette citation. Les guillemets ont donc été enlevés.

[7] E. Armand. Amour libre et liberté sexuelle

[8] E. Armand. Le nudisme révolutionnaire

Note : Si nous avons décidé d’utiliser certaines citations littéralement et d’autres seulement partiellement, c’est uniquement pour évoquer des individus qui ont donné leur vie en pensée et en acte à un idéal : La liberté individuelle !
Note 2 : Une énorme accolade à la Conspiration de Cellule de feu, et en particulier à leurs membres emprisonnés, pour leur énorme contribution à la lutte individualiste-nihiliste.
Note 3 : Salutations à toutes celles et ceux de la Fédération Anarchiste Informelle.
Note 4 : Notre amour à tous les prisonniers.
Notre 5 : A notre frère défunt Luciano : nous ne te rendrons hommage qu’à travers l’action directe violente, nos mains sont maintenant aussi les tiennes, et elles sont très fortes.

[Repris de Writerror | Traduit de l’anglais | Ce texte comporte sûrement des erreurs de traduction, toute personne peut donc proposer des améliorations en contactant (adnihilo[at]riseup.net), cette version est donc en permanence susceptible d’être modifiée.]

La normalité quotidienne comme source de dépression

On dit que la dépression est la maladie du siècle. Les livres de psychologie font non seulement la liste des symptômes, mais aussi des phénomènes observés : changements d’humeur et des habitudes de sommeil, tristesse qui s’installe, souffrance, vide, découragement, perte de confiance en soi, sentiments d’impuissance… Nous ressentons en notre for intérieur un malaise permanent et des sentiments de faiblesse quant au fait d’y remédier.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que que la dépression soit la maladie de ce siècle. S’il est vrai que l’individu est soumis à des contraintes qui lui sont imposées depuis que l’État et ses institutions existent, il est à mon avis tout aussi vrai que le progrès de l’existant a accru la difficulté de s’y opposer ou le sentiment de cette impossibilité.

En plus de la subordination, de la routine, du travail, des hiérarchies sociales et de l’aliénation de l’humain, de l’économie et de la morale, réduisant dès le départ l’individu à néant, il existe aujourd’hui aussi un appareil technologique et scientifique qui nous prive des derniers restes de courage pour désirer avec ardeur quelque chose d’autre. L’aliénation objective de l’individu, vis-à-vis de ses relations, de son énergie et de son temps, a été accompagnée par l’aliénation de ses émotions et de sa faculté d’action. On est dans la merde et on ne peut rien faire pour changer cela, peu importe que ce soit réel ou fictif, puisque l’évolution d’un jour à l’autre ne correspond en rien aux besoins réels et immédiats.

« Vivre » ne se résume presque plus qu’aux devoirs et aux rôles que nous remplissons, et c’est la raison pour laquelle nous nous sentons condamnés à les reproduire.

Continue reading La normalité quotidienne comme source de dépression

Sur l’attaque sauvage et la moralisation de la violence

Les anarchistes ont toujours été parmi les ennemies les plus radicaux et les plus intransigeantes du système. Nous avons, de ce fait, toujours été parmi les plus disposés à user de tactiques offensives telles que le recours à la violence. Cependant, le débat concernant la violence dans les milieux anarchistes est un débat complexe et clivant, et est souvent enlisé dans la morale civilisée (et particulièrement à gauche).

Dès le début du mouvement au 19ème siècle, la grande majorité des anarchistes se sont accordés sur la nécessité de la violence en tant qu’outil de lutte contre le système. En pratique, toutefois, le réel recours à la violence des anarchistes a suscité de profonds désaccords entre les anarchistes.

Continue reading Sur l’attaque sauvage et la moralisation de la violence

Rencontre Internationale de Libération Animale

Rome(Italie), du 26 au 28 Juillet 2019

www.animalgathering2019.noblogs.org

Une occasion de se rencontrer, de partager des analyses et des
compétences et de discuter d’expériences et de stratégies dans la lutte
contre l’oppression des animaux et la destruction de leurs habitats. Une
lutte qui, pour nous, s’inscrit dans le cadre plus large de la lutte
contre toute forme d’exploitation, d’oppression et d’autorité, pour une
libération totale.

Ce rassemblement a pour but de mettre en contact des individu.e.s et des
petits groupes de personnes partageant les mêmes idées et travaillant
pour la libération des animaux d’une manière radicalement différente de
celle que la majorité des groupes de défense des droits des animaux ont
adoptée de nos jours. Les groupes de défense des animaux qui n’ont pas
de politique plus large, que ce soit pour l’apathie politique ou pour
des choix bien pensés, sont de plus en plus attirants pour les personnes
ayant des opinions fascistes, nationalistes, sexistes et racistes.

Continue reading Rencontre Internationale de Libération Animale

Individualisme anarchiste et féminisme à la « Belle Époque »

Les liens entre le mouvement anarchiste et le mouvement féministe sont loin d’avoir été toujours très clairs. Tout commence, mal, avec Proudhon et son fameux « ménagère ou courtisane ». Puis, avant la Première Guerre, alors que le mouvement féministe prend de l’ampleur, les anarchistes critiquent et rejettent les revendications concernant le droit de vote ou l’accès à des professions libérales pour les femmes. La liberté n’est pas quelque chose que l’on doit recevoir, il s’agit de la prendre.

Continue reading Individualisme anarchiste et féminisme à la « Belle Époque »

Anarchisme anti-gauche : chasser le gauchisme dans l’intention de le détruire

En partant de l’évidence de l’économie, la critique marxiste décrypte peut-être le fonctionnement du système de l’économie politique, mais en même temps, il le reproduit comme un modèle. Il n’y a pas de mode de production, ni de production dans les sociétés primitives. Il n’y a pas de dialectique ni d’inconscient dans les sociétés primitives.
Le marxisme est la projection de la lutte des classes et du mode de production sur toute l’Histoire; il est la vision d’une « liberté » future basée sur la domination consciente de la nature. Ce sont-là des extrapolations de l’économie. Dans la mesure où elle n’est pas radical, la critique marxiste est vouée malgré elle à reproduire les racines du système de l’économie politique.

Le miroir de la production

Le gauchisme n’est pas seulement mortel de par sa monotonie, il est littéralement mortel dans sa pratique et sa mise en œuvre. Au XXème siècle, l’Union Soviétique a massacré près de vingt à quarante millions de personnes lors de la création de son empire communiste (certaines estimations dépassent les cinquante millions, mais sont difficilement vérifiables car lorsque les personnes étaient envoyées dans les camps, les soviétiques effaçaient souvent toutes traces de leur existence) ; le « Grand Bond en avant » de Mao Tsé-Toung en Chine (largement reconnu comme la plus grande catastrophe causée dans la tentative de construire une économie centralisée) aurait fait environ quarante millions de morts ; et les Khmers rouges cambodgiens ont massacré deux millions de personnes (un quart de la population cambodgienne) dans les Champs de la Mort – au nom d’une « forme égalitaire du communisme ». Les régimes communistes du siècle dernier ont tous eu une évolution incontrôlée et leurs utopies scientifiquement conçues ont toutes finies sous la forme de camps de la mort. En substance, le communisme n’est qu’une autre forme de gestion (particulièrement violente) de la civilisation – à l’instar du féodalisme – et est dévoué à un modèle social industriel basé sur la production avec une ferveur encore plus religieuse que le capitalisme.

Continue reading Anarchisme anti-gauche : chasser le gauchisme dans l’intention de le détruire

L’avenir est une arnaque (Réflexions autour du non-désir d’enfant)

Avant-propos
Ce texte est le fruit d’une réflexion et n’a pas pour vocation d’être exhaustif. Nous avons conscience que le sujet abordé est sensible et que ce texte suscitera probablement de vives réactions. Cependant, nous pensons qu’il est important d’en parler étant donné l’hégémonie de la pensée nataliste et les conséquences qu’elle entraîne. Notre réflexion part d’une pensée anarchiste et donc d’une volonté d’en finir avec un monde autoritaire, industrialisé, spéciste, etc.

Au moment où nous écrivons ces lignes, la terre compte près de 7,7 milliards d’êtres humains. Au Moyen-Âge il y en avait moins de 500 millions. Durant le 19ème siècle, ce chiffre a dépassé le milliard. La barre des deux milliards a été franchie dans les années 1920, celle des trois milliards juste avant les années 60. Aux alentours de 1975 il y avait plus de quatre milliards d’individus humains. Entre 1985 et 1990, cinq milliards d’être humains foulaient le sol de la Terre. Avant les années 2000 le cap des six milliards était franchi et enfin nous avons dépassé les sept milliards durant la première moitié des années 2010. Pour quiconque n’est pas joyeux à l’idée de voir ce chiffre augmenter encore, l’avenir s’annonce bien sombre. Les estimations les plus basses voient une augmentation jusqu’en 2080 alors que les plus hautes prévoient une augmentation constante au moins jusqu’en 2100. Les prévisions ne vont pour le moment pas au-delà de cette date. Pour nous, comme nous allons le voir par la suite, l’être humain est en surpopulation et celle-ci a des conséquences indéniables, à la fois environnementales, et sur l’ensemble des animaux, nous compris. Si cette croissance est effectivement globalement en baisse, elle reste une croissance, et à ce titre, nous est problématique. À une époque où il y avait environ sept fois moins d’individus humains, un certain nombre d’anarchistes se posaient déjà les questions que nous nous posons aujourd’hui.

Continue reading L’avenir est une arnaque (Réflexions autour du non-désir d’enfant)

Décomposer les masses : Pour une individualité armée

« Les anarchistes sont opposés à l’autorité, qu’elle vienne d’en bas ou d’en haut. Ils ne demandent pas le pouvoir pour les masses mais cherchent à détruire tout pouvoir et à décomposer ces masses en des individus qui sont maîtres de leur propre vie. Par conséquent les anarchistes sont les ennemis les plus déterminés de tout type de communisme et ceux qui prétendent être des communistes ou des socialistes ne peuvent pas être anarchistes. »
-Enzo Martucci

Selon moi, l’individualité est une arme. Elle est la praxis armée de l’anarchie nihiliste et de l’ingouvernabilité individuelle. Un individu devient ingouvernable en devenant et en affirmant sa négation aux identités socialement construites, aux groupes officiellement organisés, ou au monolithe de la société de masse. A partir de ce point de vue, la négation incarne un refus de céder son unicité aux limites de l’adhésion officielle. C’est là que je distingue l’anarchie du gauchisme. Le gauchisme encourage le réaménagement des identités construites, les formations rigides, et les rôles au sein d’un groupe social officiel auquel les individus se soumettent pour le « bien commun » ou pour une cause. D’un autre côté, l’anarchie comme mode de vie est la décomposition des groupes sociaux officiels permettant l’informalité existentielle de l’émancipation individuelle, le développement, et l’exploration sans limite. Par conséquent, pour moi, l’anarchie est un refus individualiste de se soumettre à un pouvoir totalisant qui se place au dessus de tout.

Continue reading Décomposer les masses : Pour une individualité armée

Prostitutions

« Honneur à celles qui, héroïques, préfèrent la mort à l’infâme prostitution… Mon cœur de femme les glorifie. Evidemment je conçois qu’une femme ait un ami ou dix amis, si cela lui convient. Mais, sans désir, livrer son être pour un morceau de pain… commerce odieux que l’excuse même de l’amour maternel ne saurait purifier. » [Libertaire du 29 juillet]

C’est au courant d’un article dont les idées en général me semblent excellentes, que Félicie Numietska écrit ce paragraphe.

Que cette camarade n’éprouve pas le désir d’aller offrir son corps au passant en rut, que la plupart des femmes jugent de même, je le conçois très aisément.

Mais, que penser aussi à l’idée de se courber douze et quinze heures sur la couture, d’aller s’étioler dans les ateliers malsains où, pour deux ou trois francs les femmes repassent, cousent, piquent à la machine, mettent le sucre ou les gâteaux en boîtes en des salles qu’on n’aère jamais et dont la température est celle d’une serre…

N’est-ce point prostituer ses bras ? n’est-ce point prostituer sa force, sa santé, sa jeunesse ? n’est-ce point se prostituer toute que consacrer des heures et des heures à tel travail ?

Continue reading Prostitutions

Civilisation et effondrement

Commençons cette discussion en définissant deux choses : la civilisation et l’effondrement.

Civilisation

Avec sa racine provenant du mot latin « civis » qui signifie « citadin », la civilisation peut être interprétée comme le produit final d’une suite d’institutions (l’église, l’état et l’industrie, pour en nommer certaines) qui ont combiné leur influence et leur pouvoir pour créer et maintenir des villes, comme un moyen de faire durer leur pouvoir.

Vu l’incapacité physique des villes à maintenir de grands nombres de vies humaines qui seraient indépendantes de ces institutions, ielles ont créé une structure-pouvoir qui a pour but final la dépendance totale de tous ses sujets, cet empire a grandi au point que même celleux qui dirigent l’agrandissement de la civilisation seraient maudits sans elle.

Telle est la nature de toutes les civilisations, passées et présentes, qui s’élèvent tout autour du monde à travers le temps, avec peu ou aucun contact entre elles, s’effondrant lorsqu’elles ont épuisé toutes les ressources qu’elles pouvaient atteindre physiquement. Seulement maintenant, avec le modèle techno-industriel, une seule civilisation est capable de s’étendre globalement sans même atteindre sa masse critique, maintenant l’épuisement de cette forme de ressources de civilisations porte avec elle la mort de la plupart des formes de vies sur terre, puisque chaque arbre, rivière, montagne et océan est maintenant capable d’être récolté et l’environnement naturel est rendu obsolète avec des technologies hautement sophistiquées comme les nanotechnologies utilisées pour tenter de maintenir la civilisation et le pouvoir qu’elles donnent à celleux qui se trouvent en haut des hiérarchies sociales.

La civilisation peut aussi être interprétée comme une mentalité ou une façon de se comporter – caractérisée par le terme « civilisé » – la totalité de la domestication humaine, la soumission totale au mythe du progrès qui a, dans le monde civilisé, complètement remplacé le vieux dogme religieux barbare avec un nouveau modèle scientifique « civilisé » qui recherche à « comprendre » chaque aspect du monde physique et psychologique via un contrôle total et la manipulation de l’échelle sociale à l’échelle atomique.

Continue reading Civilisation et effondrement