Quels sauvages devons-nous être : Des vegans sans moralité

DE NOUVELLES MORALES, UNE MÊME AUTORITÉ

« La moralité c’est des idées de sens commun sur lesquelles nous pouvons tous nous entendre. Nous devons étendre la moralité afin d’inclure les animaux non-humains »
– Logique qu’on retrouve généralement dans le mouvement vegan.

La plupart des mouvements en faveur d’un changement social massif font de l’ « appel à la moralité », un moyen fondamental pour obtenir du soutien. Par exemple, « la viande est un meurtre » est un slogan courant au sein des mouvements pour la défense des droits des animaux. Ce slogan part du postulat que tout le monde est contre le meurtre puisque, selon la même logique, le meurtre est moralement répréhensible. Or cela suppose qu’il existe une moralité unique et universelle qui oriente les décisions de chacun alors qu’en réalité, certains en ont une interprétation différente, et qu’elle ne guide que ceux qui l’ont initialement adoptée. Par exemple, certains moralistes autoproclamés défendent les violentes manifestations du patriarcat ; d’autres prônent le suprémacisme blanc et de nombreux moralistes encouragent la violence envers les animaux non-humains. Le « sens commun » n’est commun que pour ceux qui font partie d’un groupe précis, qui ressentent le besoin d’universaliser ses principes. Mais le « sens commun » ne s’applique pas aux personnes extérieures au groupe, celles dont les intérêts propres divergent du « bien » commun supposé. Souvent, ce n’est pas le manque de moralité qui pose problème mais l’existence même de la moralité ; l’ensemble de principes et de valeurs indépendantes de la complexité de l’intérêt personnel, qui oriente et justifie les actions de chacun.

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Des animaux assoiffés de liberté

Combien de marches pacifiques avant la « fermeture des abattoirs » ?
Combien de pétitions pour mettre fin aux massacres ?
Combien de réformes avant que tous les animaux ne soient libres ?
Combien de lois pour en finir avec l’expérimentation animale ?
Combien de décrets pour anéantir l’anthropocentrisme ?
Combien de SPAs avant d’en finir avec « l’euthanasie de confort » et l’enfermement ?
Combien de partis animalistes pour en finir avec l’« État égalitaire » ?
Combien de « stérilisations éthiques » pour éliminer notre désir de contrôle ?

Combien d’adoptions avant de refuser tout désir de possession ?

A quelques mois de la « Marche pour la fermeture des abattoirs », il semble opportun d’apporter un regard critique sur ce qu’ont l’air de devenir aujourd’hui (au moins médiatiquement) les luttes antispécistes. Cette marche existe depuis 6 ans, qu’a-t-elle apporté ? Rien. On pourra nous rétorquer que des aménagements ont été faits dans la Loi mais cela n’a rien changé à ce qui semble être le but de ces marches : les abattoirs existent toujours et tuent toujours au moins autant. Comment peut-on penser sérieusement un seul instant que défiler dans la rue avec des pancartes et des slogans éculés puissent permettre de mettre fin, ne serait-ce qu’à ce pan de l’exploitation animale ?

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