Communiqué de soutien suite à l’incarcération de B.

Le soir du mercredi 23 septembre, nous apprenions l’incarcération en détention provisoire de notre compagnon et ami B. au centre pénitentiaire de Nancy-Maxeville en Lorraine. Après avoir été perquisitionné à son domicile tout comme son frère et un autre compagnon, B. a été conduit en garde à vue au commissariat de Besançon dans le cadre d’une enquête portant sur l’incendie de plusieurs antennes relais dans le Doubs (27 mars) et dans le Jura (10 avril).

Nous échangeons et entretenons des liens serrés avec sa famille, afin de les soutenir dans cette étape difficile qu’est l’incarcération d’un proche, mais également dans le but d’apporter un soutien des plus complets à notre ami et compagnon. Ce soutien est inconditionnel et nous approuvons les actes dont il est accusé, qui visent à détruire un monde qui nous détruit, qui visent à combattre des technologies mortifères,autant d’un point de vu sanitaire et social qu’environnemental,et qui visent également à affirmer la volonté de vivre dès maintenant et partout,en dehors de l’emprise et du contrôle de l’Etat et de ses allié∙es capitalistes.

Nous assemblons nos voix à la sienne, aujourd’hui muselée par l’institution carcérale, afin de dénoncer les dérives autoritaires et humiliantes qui s’imposent chaque jour davantage dans nos sociétés. Nous profitons de ce qu’il nous reste de liberté pour crier notre dégout vis à vis de ces cachots qui enferment aujourd’hui notre compagnon et ami aux cotés de dizaines de milliers d’autres personnes détenues. Nos critiques des lieux d’enfermement ne peuvent en effet que s’amplifier quand nous connaissons les conditions d’incarcération actuelles aggravées par les mesures COVID : isolement, interdiction de parloirs, privation d’activités, visioconférences…

Pour le soutenir, vous trouverez des caisses dans plusieurs villes que nous vous communiquerons dès que possible. Une caisse est d’ores et déjà en place à la libraire l’Autodidacte, à Besançon, place Marulaz. L’argent servira aux frais de justice ainsi qu’aux frais de déplacements de sa famille entre Besançon et Nancy. Le mandat en prison ainsi que sa cantine seront pris en charge par la caisse de solidarité Kalimero. Pour l’instant nous ne disposons pas des éléments de l’enquête, mais au vu des accusations qui le concernent, B. risque plusieurs années de prison.

Notre communiqué porte aujourd’hui sur l’incarcération de notre compagnon et ami, mais nous n’oublions évidemment pas toutes les autres personnes détenues ou poursuivies dans le cadre de cette lutte acharnée contre l’implantation des nouvelles technologies de la pseudo information et de la communication, qui ne servent que l’intérêt des dominant∙e∙s. Soutien à elleux.

Mercredi 30 septembre,

Des Potos et potesses bisontin.es à B. !

[Reçu par mail]

Évasion : Un plan anarchiste pour l’hédonisme

N.B [NdT] : Les accords de ce texte paraissent probablement incorrects mais nous avons fait le choix d’accorder aléatoirement pour ne pas avoir à utiliser des méthodes d’écriture inclusive qui tendent de plus en plus à être institutionnalisées. Ce choix nous appartient, nous n’avons ni l’intention que tout le monde soit d’accord avec, ni d’en faire une nouvelle norme.

« J’aurais pu insister dans mes écrits sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un plan pour l’hédonisme, chose que je n’ai pas prise en compte, étant en dehors de ces cercles. Je n’ai jamais voulu que quiconque fasse du stop, fouille dans les poubelles, vole dans les magasins et soit satisfait de le faire. Si tu n’utilises pas ce temps, cette liberté que tu te crées pour tenter de rendre le monde meilleur, je n’ai alors pas plus de respect pour toi que pour l’esclave salarié non qualifié qui traite sa vie comme si elle était jetable »

– Mack Evasion, auteur du livre « Evasion ».

Lors d’une nuit chaude et légèrement venteuse en Arizona, un train de marchandises de la BNSF me transporte assez doucement pour que je puisse m’asseoir sur le bord du wagon et scruter le désert. La Lune laisse entrevoir les silhouettes de petits buissons éparpillés sur le sol ainsi qu’un ruisseau asséché. Alors que je suis pétrifiée par une telle beauté, mon esprit vagabonde à travers tous mes souvenirs de quand je nettoyais les toilettes du casino, déchargeais des camions à Target [1] et remplissais les rayons des épiceries. Si seulement j’avais su il y a quelques années que ma vie pouvait être remplie d’autant d’aventures, je n’aurais jamais mis les pieds dans ces lieux de travail. Si seulement j’avais réalisé plus tôt que j’aurai pu me barrer de l’école, avoir autant de nourriture gratuite, éviter de finir dans un service psychiatrique, et que tout mon activisme et mon community organizing [2] deviendraient une spirale de déceptions sans fin… Bref. Peu importe. A présent, je suis là. Mieux vaut tard que jamais.

Je vois la société industrielle comme une prison multi-dimensionnelle qui divise sa population en fonction de la valeur productive de chacun. Celles et ceux qui contribuent le plus à la reproduction et à la pérennité de cette prison sont récompensés par la reconnaissance sociale et un meilleur accès aux ressources nécessaires à leur survie. Et celles et ceux qui contribuent le moins sont ridiculisées, humiliés et livrées à la mort. Le collectivisme global créé à travers la participation de masse normalise ce mode de vie binaire, engendrant une pression sociale qui mène à l’assimilation et décourage l’insoumission. Pour fonctionner, la société industrielle normalise l’esclavage salarial à travers l’apprentissage de l’infériorité. A mesure que les gens intériorisent ce sens de l’infériorité, ils deviennent dépendantes de la société industrielle et de sa représentation symbolique de l’ordre. A mesure que les gens acceptent individuellement leur faiblesse et leur impuissance, la prison sociétale favorise un sentiment de force du groupe et d’appartenance à celui-ci.

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Individualisme anarchiste et féminisme à la « Belle Époque »

Les liens entre le mouvement anarchiste et le mouvement féministe sont loin d’avoir été toujours très clairs. Tout commence, mal, avec Proudhon et son fameux « ménagère ou courtisane ». Puis, avant la Première Guerre, alors que le mouvement féministe prend de l’ampleur, les anarchistes critiquent et rejettent les revendications concernant le droit de vote ou l’accès à des professions libérales pour les femmes. La liberté n’est pas quelque chose que l’on doit recevoir, il s’agit de la prendre.

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Ton trou du cul est révolutionnaire !

Etudions Gayment va te laver la bouche avec du savon : dans la série « watch your mouth », aujourd᾽hui une pratique sexuelle qui fait du bien par où ça passe, une insulte qui fait mal et qui tabasse…

PARLE A MON CUL, MA LANGUE EST MALADE : POLITIQUES DE LA TRADUCTION CULTURELLE

Vous avez remaqué comme les traductions de films en vo sont chelou des fois ? En particulier quand il s᾽agit le langage « vulgaire » ou d᾽insultes… Mais ya un truc qui revient sans cesse : l᾽insulte la plus forte est souvent traduite par « enculé ». Pour un film ricain, un « motherfucker » par exemple devient souvent un « enculé »[1] : bon ok, « mofo » c᾽est pas non plus très sympa pour ta daronne, mais c᾽est quoi le rapport avec « enculé » ? Les traducteurs se foulent pas trop : quand ils voient un personnage qui a l᾽air vraiment super vénér et qui balance 50 fuck dans une phrase, ils mettent ce qu᾽ils ont de plus balèze dans leur cahier des charges. Il y aurait donc des insultes plus fortes que d᾽autres en n᾽importe quelle circonstance, « enculé » étant en quelque sorte l᾽insulte suprême en français… La valeur hyper-insultante d᾽« enculé » se vérifie aussi dans la réalité : traiter quelqu᾽un d᾽enculé est une des solutions les plus rapides pour se prendre une pêche ou se faire embrouiller. Mais pourquoi cette insulte et pas une autre ? Qu᾽est-ce qui est véhiculé par ce mot ?

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